L’intérêt de l’informatique dans le contexte de l’entreprise – D4.2 D4.4 D4.5 D5.1 D5.2 & D5.4 –

Par François ZANINOTTO, le 18 février

Entreprise MARMELAB

 » L’expérience d’un ingénieur en entreprise et de son implication dans le Numérique « 

1.    L’informatique professionnelle est en décalage par rapport à l’informatique personnelle

 

La première chose dont il faut bien se rendre compte et que nous n’avons pas toujours à l’esprit, c’est que l’informatique que nous utiliserons plus tard en entreprise est très différente de celui que l’on peut avoir chez soi. Souvent ce décalage est plutôt négatif dans le sens ou l’ordinateur dont nous disposons au travail est bridé ou de moins bonne qualité que le personnel.

  • Par exemple, l’entreprise ne voit l’informatique et tout ce qui l’entoure que comme un gouffre financier. Tant qu’un outil fonctionne, elle ne cherchera donc pas forcement à le remplacer. Alors que la plupart de foyer français dispose d’ordinateurs portables dernière génération très puissant, certaines entreprises conservent d’anciennes versions. De plus, pour un salarié, l’obtention d’un outil informatique comme un Ipad ou un nouvel ordinateur par exemple ne va pas de soi. Et quand bien même, cette poignée de chanceux se verrait accorder leur demande, la procédure qui en découle s’avère être extrêmement lente.

Par exemple, TF1 utilise Windows XP.

De surcroît, TF1, par l’intermédiaire de son CTO (directeur technique informatique de l’entreprise) va limiter la quantité de nouvelles technologies pour ses employés.

 

  • De surcroît, l’entreprise cherche à limiter les capacités de l’ordinateur. En effet, dans l’optique d’une cyber-surveillance des salariés et pour limiter la fuite des données, certaines banques ont décidé de fournir des ordinateurs sans lecteur de clef USB.

 

  • Pour pallier à ce problème, certaines entreprises ont décidé de laisser à leurs salariés le choix d’utiliser soit leur ordinateur portable personnel (souvent plus puissant, plus pratique d’utilisation, …) soit de continuer à utiliser celui fourni par la société. C’est le BYOD pour « bring your own device » Même si l’idée semble résoudre le problème, ils demeurent encore un grand nombre de questions :

Si l’ordinateur portable privé tombe et se casse dans le cadre du travail, qui est responsable ? le salarié ou la société ?

Pareil s’il se fait voler …

Si le salarié à besoin d’un logiciel spécial, qui doit l’acheter ? Lui ou l’employeur ? sachant que ce logiciel ira sur sa machine personnelle.

 

 

2.    L’externalisation des services informatique

 

Aujourd’hui l’informatique est devenu tellement complexes que des entreprises se sont développés dans la seul optique de gérer l’outil informatique de certaine entreprises qui n’y arriverait pas. L’informatique est ainsi externalisée : tous les services qui ne sont liés pas au cœur du métier seront gérés par des entreprises extérieures : l’entreprise loue un service de gestion à une entreprise extérieure. Cela est source de conflits entre les entreprises et leurs prestataires.

3.    Gestion de la ressource informatique

 

Le partage des ressources informatiques cause des problèmes aux salariés car les quotas de sauvegarde sont limités. La configuration des postes doit être centralisée : l’orchestration. Les entreprises doivent donc faire du capacity planning

Elles doivent acheter assez de mémoire pour assurer le bon fonctionnement jusqu’à la prochaine date d’achat.

Mais ça, c’était avant.

Désormais, on peut louer ces capacités à l’heure – CLOUD (infrastructure as a service). Le leader est AWS (Amazon Web Service). Cela permet de mieux s’adapter à des demandes informatiques fluctuantes. De plus, cela ne s’adresse pas qu’à des purs informaticiens.

Les trois niveaux de CLOUD :

IaaS : on loue des parties de serveur

PaaS : on loue des plateformes d’ordinateur

SaaS : on loue des logiciels

L’intérêt d’une telle location est d’assurer la pérennité des données au cas où des serveurs planteraient. La réplique des données est créée sur d’autres serveurs.

 

Quelque chose de tout à fait remarquable et qui symbolise bien l’importance qu’occupe aujourd’hui le cloud dans l’économie mondiale est le fait que ce dernier consomme 3% de l’énergie mondiale !

4.    Méfiance sur les données

 

·        Le Patriot Act

 

Suite aux attentats du 11 septembre, les Etats-Unis soumettent les entreprises en ligne à l’obligation de fournir des informations relatives à leurs utilisateurs à l’administration américaine.

 

 

·        Le Safe Harbor

 

Pour lutter contre cela, l’Union Européenne stipule que les entreprises dont les serveurs sont dans l’Union Européenne ne sont pas obligées de répondre au Patriot Act (Américain.

  • Par exemple : un hébergeur des données de santé doit être agréé en Europe pour assurer que les données qu’il contient sont protégées.

Un point qui revient souvent sur le devant de la scène et qui concerne la confidentialité des données et le respect de la vie privée de chacun est le fait que les sites internet doivent conserver les données de connexion de leurs utilisateurs.

  • Par exemple : un membre d’un forum de TF1 a annoncé qu’elle voulait faire une tentative de suicide. Les autorités judiciaires ont demandé à TF1 les informations relatives à son compte.

Cependant lorsqu’un utilisateur veut effacer ses données d’un site web, le site web doit accéder à cette requête.

5.      Un hébergeur ou un éditeur

 

Pour publier des informations sur internet il existe deux type d’organes : Les éditeurs et les hébergeurs. Les éditeurs contrôle la publication et la gestion des données à priori (i.e. il a un contrôle éditorial sur les informations) ; Le bon coin est un exemple d’éditeur. L’hébergeur a contrario contrôle à postériori, i.e. après que l’information ait été rendu visible de tous. Dans certain cas il n’y a même aucun contrôle (facebook par exemple). Légalement, les éditeurs et les hébergeurs doivent proposer la fonction « signaler un abus ».

 

6.    Les licences

 

·        Licence commerciale

 

·        Licence libre

Wikipedia définit une license libre de la sorte : « Une licence libre est une licence s’appliquant à une œuvre de l’esprit par laquelle l’auteur concède tout ou partie des droits que lui confère le droit d’auteur, en laissant au minimum les possibilités de modification, de rediffusion et de réutilisation de l’œuvre dans des œuvres dérivées »

.        Licence libre contaminante

 

Par l’effet de contamination caractérisant cette licence, tout programme développé à partir de modules relevant de cette licence se trouve soumis aux termes de la licence. Un texte écrit avec une police libre contaminante, devient alors un document sous licence.

·        Licence OpenSource

 

Tous les logiciels sont sous licence.

7.    La sécurité informatique

 

Il n’y a pas de systèmes totalement sûrs. S’il n’y a pas de mesures légales de protection, alors les données seront librement accessibles. Lorsqu’on dépose des données dans dropbox par exemple, ces dernières ne nous appartiennent plus…

Conclusion sur la généralité des métiers de l’ingénieur

 

Pour être un bon dirigeant de nos jours il faut comprendre de quoi est ce que l’on parle. Comment diriger un ouvrier dont le travail ne nous parle absolument pas ? Le fils Michelin, avant de prendre la direction de l’entreprise, a travaillé pendant 3 ans au sein des postes ouvriers de l’entreprise. Et cela permet de mieux comprendre les attentes de l’entreprise.

L’ingénieur doit être capable de travailler dans un environnement très changeant. Aujourd’hui l’informatique est omniprésent quel que soit notre spécialisation et il est important de prendre conscience que ce que nous considérons comme acquis et su de par notre expérience informatique personnelle et tout autre dans le monde de l’entreprise : les droits et le devoir ne sont pas les même et la façon d’appréhender l’informatique non plus ?

Enfin, l’ingénieur moderne ne travaille pas seul dans son coin ! Il va être amené à travailler dans des équipes pour la réalisation de projets divers. Il s’agira alors de savoir rassembler des moyens et des ressources humaines, sous des contraintes fortes pour mener à bien cette mission.